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C’est quand qu’on va où ? L’avis de ‘Vande’

Divers 01-03-2021


 

A l’heure où nos politiciens ont décidé de renvoyer à plus tard toute décision majeure sur le front sanitaire, conservant l’état belge dans un état de blocage et confirmant derechef la paralysie de certains secteurs, Speed Action poursuit son petit tour du milieu du sport auto, afin de tenter de répondre à la désormais sacro-sainte question : c’est quand qu’on va où ? Ce lundi soir, place à Jean-Pierre Van de Wauwer, ‘noss Vande’, incontournable à double titre : un demi-siècle de sports mécaniques au compteur, et une vie politique désormais révolue en qualité de conseiller communal à Verviers. Le gaillard a donc erré des deux côtés de la barrière…

 

Pour ‘Vande’ comme pour d’autres, la situation actuelle est problématique. Pilote, mais aussi préparateur de ses bolides, les très belles et originales Lancia Beta Monte-Carlo Gr.4, Jean-Pierre avoue ne plus savoir à quel saint se vouer… "Cela fait 14 ans que je construis des autos de course, et pour la première fois, je n’en ai encore passé aucune au contrôle technique, explique le citoyen de Stembert, en partance. L’an dernier, j’ai soumis mes deux voitures aux différentes obligations du RACB et de l’ASAF, payé mes licences et mes assurances. Coût de l’opération : un millier d’euros… pour ne pas sortir les autos ! Ce n’est la faute de personne, évidemment, mais cette année, je vais attendre patiemment avant de payer ma ou mes licence(s). Et l’addition ne s’arrête pas là : il va me falloir changer les sièges baquets de la plus récente des Lancia, histoire de me conformer au règlement. Tarif : 800 euros. Mais l’an dernier, la voiture n’a pas roulé. Que fait-on ? Ne pourrait-on pas, vu les circonstances exceptionnelles, décréter qu’une année blanche de toute compétition n’entre pas en ligne de compte, histoire de ne pas obliger le préparateur ou le propriétaire à de nouveaux frais ? Je pose la question…"

 

Raréfaction des bénévoles

 

Comme d’autres avant lui, ‘Vande’ pointe l’aspect financier comme origine de bien des maux… "Rien ne va dans un sens positif ! Regardez l’interdiction d’engager des voitures en plaque ‘O’ en rallye. Cela complique plein de choses. A tous les niveaux. Durant 22 ans, j’ai siégé comme conseiller communal à Verviers, accordant une importance toute particulière aux clubs sportifs. L’un des soucis majeurs, c’est la raréfaction des bénévoles. Que ce soit en foot, en basket, en tennis ou en sports mécaniques. Or, sans ces bénévoles, c’est intenable financièrement. Parlez-en à n’importe quel organisateur, il vous le confirmera…"

 

Autant ne pas se leurrer, pour le sport auto comme pour d’autres secteurs, il y aura un avant et un après ‘corona’… "Quand on sera restés une année et demie sans pratiquer le sport auto, les passionnés seront-ils toujours là et aussi nombreux ?, questionne Jean-Pierre. Personnellement, je tente de rester positif, mais c’est compliqué. Je sature de ne plus voir mes amis, mes copains. La semaine dernière, à Mettet, j’ai été invité à découvrir l’Alpine A110 en version rallye. L’occasion de se rendre compte, comme d’autres, combien c’était mieux avant. On ne s’en rendait pas compte, bien, sûr, mais qu’est-ce qu’on avait bon ! Je me mets à la place des jeunes pilotes actuellement. Quelle galère ! Les Snijers, Droogmans, Duez, moi et les autres, on a vécu une époque formidable. L’évolution a été spectaculaire depuis mes débuts en motocross, mais la crise qui nous frappe aujourd’hui, cumulée à l’atmosphère du moment, rend les choses délicates. J’ai le regret que nous n’ayons pas vécu une première crise sanitaire de moindre ampleur, qui aurait pu nous alerter sur ce qui pouvait nous tomber dessus à plus grande échelle. Qui sait, peut-être aurait-il été possible de mieux anticiper le tout ?"

 

Tous ensemble !

 

Oui, mais alors, c’est quand qu’on va où ? "Il faut impérativement qu’on se mobilise tous ensemble, clame ‘Vande’. Nous sommes une volée de passionnés, avec une moyenne d’âge plutôt élevée. Il faut montrer qu’on existe ! Personnellement, je pense qu’aucune autorité n’interdira jamais la pratique du rallye. Par contre, il y aura toujours plus de choses impossibles à respecter, et les organisateurs finiront par arrêter d’eux-mêmes. Je suis réellement admiratif de leur travail, et je l’ai toujours été. A tel point que pour moi, tout licencié devrait, une fois dans l’année, se mettre au service d’une organisation. Afin de voir et de comprendre ce qui se passe non pas derrière un volant, mais de l’autre côté de la barrière. Chaque pilote devrait ainsi devenir commissaire le temps d’un rallye. Et les fédérations devraient récompenser ceux qui auront joué le jeu, en proposant une réduction sur le prix de la licence, par exemple… L’important, c’est d’agir tous ensemble, de peser de tout son poids. Si une manifestation est organisée, on se doit tous d’y aller afin de nous faire entendre. Après, il sera peut-être trop tard…"

    

Et ‘noss Vande’ de poursuivre son raisonnement au sujet de l’âge moyen des pratiquants du sport auto. "Un jeune qui veut commencer, il en a au minimum de 2000 euros d’équipement ! Personnellement, ma première course m’avait couté l’équivalent de… 50 euros ! Il est évidemment impossible d’en revenir à ça, mais ce qui est décidé au nom de la sacro-sainte sécurité est parfois aberrant… et toujours très onéreux ! Les fédérations doivent cesser de compliquer les choses, et tout mettre en œuvre pour rendre le sport auto plus abordable. Il en va de l’avenir. De notre avenir…"

 

Les jeunes ? Et les parents, alors ?

 

Au moment de jeter un coup d’œil dans le rétro, Jean-Pierre ne peut s’empêcher de se laisser emporter par une vague de nostalgie… "Pendant 40 ans, en tant que pilote, j’ai vu des gens avec les yeux qui brillaient ! Aujourd’hui, certains nous regardent de travers, nous considèrent comme des pollueurs. Je ne leur en veux néanmoins pas. Les gens n’y sont pour rien, tant le bourrage de crâne est important. On leur raconte des carabistouilles. On leur dit que la voiture, ça pollue, c’est néfaste, négatif, mais on omet de leur parler des avions et des bateaux. Tout cela me fait mal. Un jour, j’ai décidé d’arrêter mon parcours politique à Verviers. Je n’avais pas de crainte face aux élections, mais ce qui a fini par me déranger, c’est une fois encore le regard des gens. Quelle que soit votre action, ils vous prennent pour un ripou. En fait, après toutes ces années, je pense encore avoir le respect de personnes dans ma tranche d’âge. Pour le reste, c’est nettement plus compliqué, et l’apparition des réseaux sociaux a précipité bien des dérives. Mais j’aime les jeunes. J’estime que leur comportement sédentaire n’est pas totalement leur faute. C’est plutôt du côté des parents qu’il faut lorgner. On laisse faire, on choisit la voie d’une certaine facilité, et voilà le résultat. Aujourd’hui, les gens de 30 ans passionnés par le sport auto sont tous des fils ou petits-fils de… Les autres n’ont d’autre choix que de travailler, et une fois la journée terminée, ils préfèrent passer du temps sur les réseaux sociaux plutôt que d’aller saluer le voisin qui travaille sur sa voiture de course. Logique… Avant, on se réjouissait d’aller voir les Boucles de Spa. Maintenant, on se dit : super, on va pouvoir regarder ça sur la tablette au coin du feu ! C’est une question de point de vue, un état d’esprit."

 

En guise de conclusion, ‘Vande’ entend taper sur le clou… "Réagissons, nom de Dieu ! En Belgique, il y a 5000 licenciés, et plus ou moins 100.000 amateurs de sport auto. Ce n’est pas rien, quand même ! Cessons donc de cultiver nos différences, car ce combat pour assurer l’avenir de notre passion, c’est tout ensemble qu’il faut le mener. A bon entendeur…" (Vincent Franssen)



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