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Les histoires de Speed Action : mais combien de victoires pour Dieudonné aux 24 H. de Spa ?

Divers 07-06-2020


 

On ne s'en lasse pas... En ce dimanche une fois encore bien trop calme sur le front des sports mécaniques, on vous propose un nouvel épisode des histoires de Speed Action. D'autant que cette fois, c'est notre excellent confrère Koen Wijckmans qui s'y est collé. Revenant sur une question en lien avec les 24 Heures de Spa : combien de fois le pilote-journaliste Pierre Dieudonné, désormais très actif au sein des troupes WRT de Vincent Vosse, a-t-il réellement remporté le double tour d'horloge à l'époque Tourisme ? Les explications et l'avis de Koen... 

 

"J’ai bien connu Pierre Dieudonné quand je suivais en tant que journaliste le Championnat d’Europe des Voitures de Tourisme (et même Championnat du Monde) de ’82 à ’88, avec chaque fois les 24 Heures de Spa en tête d’affiche !

 

Grande fut ma surprise de lire dans une magazine spécialisé au sujet de ses victoires aux 24 Heures ce commentaire : ‘j’ai commencé en gagnant en 1974 et 1975 avec les BMW Luigi’. C’est vrai que Wikipedia signale toujours le nom de Pierre à côté de Xhenceval-Peltier (1974) et Xhenceval-de Fierlant (1975), mais en réalité, Dieudonné n’a jamais touché le volant durant ces deux éditions des 24 Heures. Sauf sur la 2ème BMW Luigi (10ème avec de Fierlant et Demol en ‘74; abandon avec Peltier-Demol en ‘75).

 

Jusqu’en ‘81, le RACB, alors encore organisateur des 24 Heures, signalait toujours son nom sur le palmarès, et quand cette année-là, Pierre remportait les 24 Heures avec Tom Walkinshaw et la Mazda RX-7 TWR, il précisait à la presse présente au pied du podium que c’était en fait sa 1ère victoire ! En effet, afin de pouvoir se qualifier en tant que pilote de... réserve, son nom figurait sur les listes de départ en ‘74 et ‘75, et quand la course était terminée, l’organisateur a chaque fois oublié de supprimer son nom comme 3ème pilote ! Heureusement, en ’81, le lundi matin les journaux, et plus tard les magazines spécialisés parlaient donc de la 1ère victoire de Dieudonné en précisant cette erreur dans les classements/palmarès !

 

Quand en ’88, Jean-Michel Martin pouvait devenir recordman de succès (victoires en ‘79, ‘80 en ‘87), il y avait toujours des medias moins spécialisés qui ajoutaient Pierre, alors pilote de la Ford Sierra RS Cosworth Eggenberger, en mesure de faire aussi bien que Martin… Quand j’ai commencé à travailler au RACB – et aussi en tant que Press Officer des 24 Heures de Spa – de multiples fois, j’ai dû corriger le palmarès en supprimant de nom de Pierre en ‘74 et ’75 !

 

Mais, apparemment, 30 ans plus tard, ces deux 'victoires' de Dieudonné avec Luigi continuent de semer le doute. Surtout quand un magazine de qualité rappelle, une fois de plus, ces prétendus succès !

 

Connaissant maintenant le fonctionnement des instances sportives, je sais qu’il n’y a qu’un seul classement qui fait foi, et c’est celui signé en bonne et due forme par les membres du Collège. Donc, si le Collège en ’74 et ’75 à chaque fois signé un classement avec le nom de Dieudonné comme 3ème pilote, il a ‘droit’ à ces deux victoires, même sans avoir touché le volant ! Se basant sur les classements publiés dans la presse de ces années-là – sans Dieudonné -, on est par contre pas loin de la vérité : c’est seulement au palmarès des 24 Heures que l’organisateur – ou une sécretaire pas attentive – a chaque fois indiqué Dieudonné comme 3ème pilote.

 

La preuve : cette photo du podium de ’74 signée Patrick Rixhon où on retrouve bien deux pilotes (Jean Xhenceval et Alain Peltier) sur la plus haute marche avec, un peu visible, le visage de Claude Ballot-Lena, la belle chevelure de Bernard Béguin – 2èmes sur la 1ère Alfa Romeo GTV - et Teodoro Zeccoli, 3ème avec Walter Dona, à gauche sur la photo, qui sert la main aux vainqueurs. Pas de trace d’un 3ème pilote sur la plus haute marche ! Idem sur le podium de ’75 (toujours une photo de Patrick Rixhon), ou Jean Xhenceval et Hughes de Fierlant sont à deux sur le podium, seulement rejoint par Luigi Cimarosti !

 

L’arrivee d’un 3ème pilote – plus tard de plus en plus privilégiée par tous les équipes – était motivée par l’incident dont Yves Deprez et surtout Pierre-Yves Bertinchamps avaient victimes lors de l’édition en ’74. Pendant la course, vers la 10ème heure, Deprez souffrait d’une crise aux reins, de telle sorte qu’il n'était plus en état de rouler et de poursuivre au volant de la Chrysler Hemicuda. Claude Bourgoignie et aussi Pierre Rubens, qui avaient abandonné en peu avant avec la Capri II et la Mustang, proposaient alors leurs services pour continuer les 24 Heures avec Bertinchamps. Demande faite à l’organisateur, qui réfusait l’engagement de Bourgoignie ou Rubens, puisque ils n’avaient pas réalisé des tours aux essais avec cette voiture et n'étaient donc pas qualifiés ! Bertinchamps et les gens de Wolf Aperol Racing n’avaient pas eu d’autre choix que de rétirer la voiture et la signaler comme ‘abandon’

 

A l’image de Dieudonné, Dirk Vermeersch était invité par Eddy Joosen aux 24 Heures en ’77 pour prendre de volant de la BMW Juma 530 IUS aux essais et la partager avec Joosen en Jean-Claude Andruet. Dirk s’est bien qualifié, mais comme il n’a pas pris le volant en course, c’est seulement l’équipage Joosen-Andruet qui figurait sur le classement final en tant que vainqueurs des 24 Heures de Spa. Par contre, en ’81, Dirk a bien pris le volant de la BMW Juma #10 en course – il était même 2ème pilote dans le même équipage -, mais à cause d’une sombre histoire de chicane coupée, il n'était plus autorisé à prendre le volant au petit matin… et son nom était supprimé du classement final ! Ici aussi, sur certains sites internet, on trouve toujours Joosen-Vermeersch-Andruet à la 2ème place…"

 

Conclusion de tout ça : le sport automobile peut ne pas être simple ! Merci à Koen pour cette explication très détaillée (spécialité de la maison), qui a le mérite de clarifier les choses. 

 

Si vous aussi vous souhaitez nous envoyer un souvenir, une anecdote, un billet d'humeur en lien avec 'votre Francorchamps', avec une petite photo pour illustrer le tout, une seule adresse mail : vfranssen@cybernet.be. A très vite... (Vincent Franssen)  



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