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Ugo de Wilde a testé une Norma M20 FC et une Mercedes-AMG GT4 à Zolder

Circuit 15/11/2019


 

C'était une sorte de double cadeau d'anniversaire 6 jours avant ses 17 ans. A peine revenu de Monza où il a eu l'occasion, mardi sous la pluie, de découvrir la F3-R (Formula Renault) du team belge de Jonathan Moury M2 Compétition (la #41 pilotée cette saison par Kush Maini), Ugo de Wilde a bouclé ce jeudi plus de cent tours du circuit de Zolder, d'abord aux commandes d'un proto Norma M20 FC, puis au volant de deux différentes Mercedes SLS AMG GT4. "Je n'ai jamais fait autant de kilomètres avec mon casque sur une journée, souriait le jeune Bruxellois. En matinée, à l'invitation de Norma Belgique et de François Bouillon que je remercie beaucoup, j'ai eu l'occasion de découvrir la Norma M20 FC aux couleurs McDonalds, la voiture ayant terminé sur le podium des dernières 24 Heures de Zolder. Après avoir reçu quelques conseils du propriétaire de l'auto et effectué mes premiers tours de prise en mains en pneus pluie sur une piste encore fort humide dans le bois, je suis passé aux slicks."

 

Le plus jeune vainqueur de l'histoire de l'Eurocup Formula Renault et premier lauréat en F3-R n'a pas été trop dépaysé. Avec un moteur Honda 2 litres atmosphérique développant 260 chevaux pour un poids de 570 kilos, le proto CN Norma à châssis carbone possède un rapport poids-puissance comparable à sa Tatuus-Renault. Et les pneus Hankook sont identiques. D'ailleurs sur Francorchamps, les deux voitures ont tourné dans des chronos comparables, aux alentours des 2'17-2'18. "Je me suis effectivement directement senti à l'aise, racontait Ugo. Même s'il fallait rester prudent car les deux gros freinages dans le bois étaient encore humides. J'ai été agréablement surpris tout d'abord par la direction, moins dure qu'avec ma F3-R. Alors qu'elles ont le même poids, le proto me donnait l'impression d'être moins lourd. La sonorité du moteur Honda vous donne également une sensation de plus grande vitesse. L'auto est parfaitement réglée pour Zolder et il me parait impossible d'avoir du survirage. J'ai poussé de plus en plus dans le premier gauche et les deux droites qui suivent et cela ne bougeait pas, l'arrière restait bien stable. Les freins sont efficaces. On se sent vivre et l'on prend vraiment beaucoup de plaisir."

 

Au bout d'une vingtaine de rotations en vieux pneus, Ugo bouclait son meilleur tour en 1'32"4 ce qui l'aurait déjà placé sur la 3ème ligne des 24 Heures et 2ème du warm-up où les pilotes usent aussi des gommes usées. "Honnêtement, la piste était encore grasse et il y aurait eu moyen d'aller nettement plus vite avec les mêmes enveloppes l'après-midi sur une piste complètement sèche. Ce test m'a vraiment donné l'envie d'y regoûter et de participer à l'une ou l'autre course du Belcar sur cette monture. L'un de mes objectifs en 2020 sera de pouvoir prendre le départ des 24 Heures de Zolder aux commandes d'une Norma et de pouvoir, à 17 ans, battre de quelques mois le record de précocité de mon ami Gilles Magnus, plus jeune vainqueur de l'histoire de ce double tour d'horloge."

 

Du Proto Norma à la Mercedes-AMG GT4

 

A peine le temps d'avaler trois toasts jambon-fromage-oeuf à l'Ottobar et d'enregistrer une interview video pour les 50 ans de son écurie EBRT et Ugo filait vers le stand où l'attendaient les deux Mercedes-AMG GT4 SRT de l'équipe familiale de Patrick Selleslagh. "A peine arrivé, on m'a plongé dans l'habitacle de la verte, la #30 en version GT4 Cup. J'étais assez impressionné par l'importance de la structure. Une quinzaine de personnes s'agitaient autour des deux superbes Benz. Parmi elles, des ingénieurs d'AMG là pour effectuer du développement au niveau des freins. Je vais donc avoir l'occasion d'utiliser plusieurs systèmes et l'on me demande de solliciter au maximum la pédale du milieu ce qui n'est pas bien compliqué quand vous passez d'une monoplace de 600 kilos à une GT d'une tonne quatre. Même en vous forçant à freiner tôt, c'est souvent encore trop tard..."

 

Pour la première fois de sa jeune carrière, à l'exception de ses deux participations lors des 25H VW Fun Cup, Ugo se retrouvait aux commandes d'une voiture avec un toit. Passer en un peu plus d'une heure de la Norma à la Mercedes GT4 n'est pas évident. "Ce sont deux voitures totalement opposées, l'avait prévenu son pote Gilles Magnus qui s'est déjà illustré dans les deux catégories. Heureusement que j'ai reçu le manuel de 33 pages d'utilisation des commandes deux jours avant car il y a nettement plus de boutons et de fonctions que ce à quoi je suis habitué", poursuivait Ugo. 

 

Notre espoir ne mettra pas longtemps à trouver ses marques avec un bijou d'un peu plus de 200.000 euros : dès son premier tour lancé, il tournait en 1'41". Dix boucles plus tard, toujours en vieilles gommes, il descendait en 1'39"0, un excellent chrono pour cette version sur l'anneau limbourgeois. "Il faut faire confiance aux jeunes. Ils ont un sacré sens de l'adaptation. Comme Gilles il y a un an, Ugo s'est de suite montré performant dans notre Mercedes. La monoplace est la meilleure école et ce sont de vrais pilotes", raconte Patrick Selleslagh, un des premiers à avoir fait confiance au jeune Maxime Soulet.

 

"Le plus difficile est de s'habituer au manque d'appui. Même lors de mon tour de sortie en pneus froids, j'avais tendance à entrer trop vite dans les virages pour ce type de voiture, ce qui m'a valu quelques frayeurs, se marrait rétrospectivement Ugo. Car  je vous promets que quand une auto de près d'une tonne et demie part de l'arrière, c'est plus dur à contrôler qu'une F3. J'ai trouvé assez vite mes marques mais, en comparant mes datas avec mon équipier néerlandais Kay Van Berlo (il vient du LMP3 avec United Autosports et a déjà roulé avec cette auto lors du meeting de Zandvoort), mon ingénieur m'a fait constater que je freinais encore trop tard à pas mal d'endroits. Il faut vraiment privilégier la sortie et pouvoir accélérer le plus tôt possible."

 

Après avoir pris ses marques dans cette auto, on le faisait sauter dans le baquet de la jaune, la #31 en configuration GT4 BOP 2019, avec 70 kilos de lest en plomb ! "Il s'agit d'une version SPX, expliquait Patrick Selleslagh. Elle est plus haute de l'arrière conformément au règlement GT4 européen, utilise des pneus Pirelli (au lieu de Michelin sur la Cup), un moteur plus puissant et des freins différents."

 

Malgré une première référence en 1'38"3 en gommes usées, Ugo se sentait nettement moins à l'aise que dans la version précédente. "Je ressens moins de grip latéral et l'arrière est plus baladeur, elle glisse." Une première impression gommée par les pneus neufs chaussés peu après 16 heures avec un meilleur chrono en 1'36"1. "La voiture est métamorphosée en pneus neufs, j'ai pu attaquer plus et j'ai commencé à pouvoir exploiter son réel potentiel. Dommage que lors de mon 3ème tour, j'ai été gêné par un proto au ralenti car je pouvais voir sur mon tableau de bord que j'avais déjà amélioré mon temps de trois dixièmes après la chicane Villeneuve."

 

L'équipe SRT avait le sourire aux lèvres. "Notre voiture n'a jamais été aussi vite", s'étonnait l'ingénieur Sander Van der Perre. C'est effectivement le meilleur chrono à notre connaissance d'une GT4 sur Zolder. "Et honnêtement, il y aurait encore moyen d'aller plus vite en mettant un deuxième train de pneus et en rabaissant l'arrière. Mais on a voulu rouler en configuration SRO",  précisait encore Patrick Selleslagh qui aimerait disputer en 2020 le championnat de France GT4 en plus de l'Europe.

 

Ugo de Wilde achevait cette unique journée de découverte dans la peau d'un pilote d'essais des étoiles dans les yeux : "Mon objectif prioritaire reste bien sûr d'essayer d'effectuer une deuxième saison en Eurocup Formula Renault. Tout dépendra du soutien et du baquet que l'on peut trouver. Mais je suis heureux d'avoir pu découvrir aujourd'hui d'autres disciplines du sport auto, toutes différentes mais intéressantes. Comme me l'a dit Maxime Martin, un vrai pilote doit être bon dans tout : que ce soit un kart, une formule, une Fun Cup, un proto ou une GT. Toute expérience est bonne à prendre et franchement ce jeudi, je me suis régalé. Cela m'a à 100% confirmé ce que je veux faire après mon Bac en juin : devenir pilote professionnel !" (Vincent Franssen & Com)



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